Fin des
années 50, Pierre Guénin, jeune journaliste bagarreur,
a choisi la VERITE, mot galvaudé côté presse, radio,
cinéma mais qui reste sa seule raison d’écrire.
Depuis trois ans, ses interviews collectives d’un concept révolutionnaire
( dont il est le créateur) ont éclaté en feux d’artifices
dans l’hebdomadaire CINEMONDE : Le Jeu de la Vérité.
Guénin a su traquer dans leur intimité les plus grandes
vedettes françaises en les laissant s’exprimer à
cinq ou huit, autour d’une table ronde, et s’affronter parfois
durement.
Les débats houleux conservent toujours une authenticité-choc
puisqu’ils sont tous enregistrés au magnétophone.
Sans doute Guénin, devenu grâce à ses questions-pièges,
le critique le plus féroce de la jungle du septième art,
sera-t-il demain le plus détesté mais il a toujours préféré
parler clair plutôt que de patauger dans la convention.
Ses portraits annexes, dans le livre, sont au vitriol.
A un moment crucial de sa carrière de journaliste cinématographique,
il ne craint pas de se faire des ennemis.
Ce courage ne mérite-t-il pas un coup de chapeau ?
Le recueil des tout premiers débats est publié par LE
TERRAIN VAGUE, dirigé par Eric Losfeld, un éditeur qui
n’a pas froid aux yeux lui non plus.* Il faillit également,
en 1960, mettre en librairies PAUL OU DEVERGONDAGES D'UN JEUNE BISEXUEL,
un roman pornographique de Guénin, mais la censure qui sévissait
à plein à l’époque, l’en empêcha.
*La libertine Régine Desforges a pris sa suite
peu après.