Journal intime, « La mort d’un ami »
Je fixe jusqu’à l’engourdissement de mes paupières
Le profil du jeune Toutankhamon
sur un parchemin ramené d’Egypte.
Les dessins bleu et or
de son effigie
atteignent par flaques
Mon mirador.
Passe-muraille
Traversant le miroir mou de Cocteau,
Je plonge dans le trou noir
D’un univers entre parenthèses,
Entre Dehors et Dedans
no man’s land
entre Guerre et Paix,
Instable et Stable,
Je deviens le spectateur impassible
Du monde qui m’habite,
ébloui par le fil de lumière sans fin
qui s’infiltre dans mon fleuve écarlate,
pour se servir de mon corps où tout s’active
bouillonne
s’imbrique
et se jette
dans ma machine cervicale,
chou-fleur hideux
aux sinueuses nervures violacées.